Samouraï !
Jeudi soir, je suis allée au Musée du Quai Branly avec un ami pour voir l'exposition Samouraï : armure du guerrier. Lors d'une récente visite j'avais été impressionnée par les deux cavaliers en armure, montés sur leurs chevaux, exposés dans le hall d'accès aux expositions.
Je dois dire que je ne suis pas une grande fan d'expositions d'armurerie. J'ai récemment visité la Wallace Collection à Londres, et j'ai été bien plus intéressée par la demeure de Sir Richard Wallace et par la carte du très agréable restaurant dans la cour intérieure que par la collection d'armures et d'armes présentée.
Mais le samouraï, c'est une autre histoire. Ce guerrier japonais a quelque chose de plus noble, de plus romantique que les autres dans mon imaginaire. Je n'étais pas sûre de trouver mon compte à l'exposition, c'était plutôt la curiosité qui m'y entraînait. J'en suis sortie éblouie après 2 heures de visite.
Les armures, casques et masques présentés sont d'un tel raffinement, que n'importe qui appréciant le beau ne peut qu'être charmé. Il faut dire qu'un grand nombre de disciplines sont à l'oeuvre dans la réalisation d'une armure, que ce soit pour le travail du fer des pièces d'armurerie, que de l'or ou du cuir ornant souvent celles-ci, ainsi que pour le travail de tissage ou d'ornements très travaillés des armures comme des casques. Les formes de ceux-ci font souvent preuve d'humour (casque en forme de coquillage, casque à bois de cerf, casque avec ornements en forme de pipe !) tout comme les masques intégraux ou couvrant seulement une partie du visage, aux nez démesurément longs (pour moquer les Occidentaux), poils hérissés et bêtes improbables.
Il n'y avait pas que des hommes dans l'exposition, loin de là, et j'ai surpris quelques conversations de copines qui s'étonnaient de prendre autant de plaisir à une thématique qu'on aurait pu juger plutôt masculine. Pour vous faire une idée, voici la vidéo de présentation de Samouraï : armure du guerrier ainsi que des photos prises sur le vif. Attention : l'exposition se termine le 29 janvier...
Lecture et volupté
Clin d'oeil à tous ceux qui, comme moi, sont accros aux livres : on savait que la lecture pouvait procurer d'intenses émotions, mais la FNAC Saint Lazare va plus loin et range sa pile de Comme un roman de Daniel Pennac dans le rayonnage "Littérature érotique". Allez, on se doute que c'était par manque de place au rayon "Essais" tout proche, mais ce type de rapprochement coquin me séduit !
Je vous souhaite une belle année de découvertes et de plaisirs littéraires...
La solitude des grandes villes
Hier soir, séance de cinéma à l'UGC Ciné Cité Les Halles. Il n'était pas question de rater Shame, aussi bien pour voir le très beau (et très talentueux) Michael Fassbender que par curiosité pour ce second film de l'artiste vidéaste britannique Steve McQueen. J'ai découvert l'un comme l'autre dans le premier film de McQueen, Hunger, auquel j'ai déjà fait plusieurs références admiratives sur ce blog. Hunger, c'était un choc visuel, un bon crochet dans l'estomac. Les corps, leurs fluides, étaient utilisés comme matière première et filmés comme je l'ai rarement vu. Je suis persuadée qu'un film d'artiste non réalisateur à la base possède une saveur particulière (cf mon billet sur le film Women without men).
Bref, pour toutes ses raisons, j'avais envie de voir ce que McQueen ferait d'une intrigue basée à nouveau sur le corps, mais sous l'angle de la recherche du plaisir sexuel. Premier étonnement : l'UGC des Halles avait réservé sa salle 1 (l'une des, voire, la plus grande) à ce film. Sans être snob, je ne suis pas sûre que ce soit dans ce cinéma que se pressent les plus ardents cinéphiles de la capitale, or il me semblait que l'exigence de McQueen, et son côté pas vraiment grand public, aurait plutôt séduit un public averti. Etonnement numéro 2 : la salle, sans être comble, était bien remplie. Je me suis tout de même demandé si les spectateurs qui avaient pris du pop corn savaient à quoi s'attendre...
Plusieurs personnes sont sorties de la salle en cours de film, et cela me conforte dans l'idée que le film n'a pas forcément été vendu pour ce qu'il était. A cet égard, le choix de l'affiche est intéressant : un torse d'homme, à moitié couvert d'un drap bleu satiné, et une main qui s'égare vers le bas ventre. Je pense que pas mal de gens ont été attiré par deux choses : le nom - et la plastique - de Michael Fassbender, étoile montante du cinéma ces dernières années, et la promesse de nudité et de scènes de sexe du film.
Est-ce qu'en son temps, Hunger aurait eu les honneurs de la plus grande salle de l'UGC, sur le sujet aride d'un prisonnier qui entame une grève de la faim ? J'en doute !
En fouillant sur le web, je suis tombée sur l'une des premières affiches du film, moins vendeuse mais beaucoup plus proche de l'esprit du film : une main d'homme, doigts écartés, sur une vitre embuée qui reflète la grisaille et les gratte-ciel d'une grande ville. Ca pourrait être le relâchement de la jouissance, mais on pense plutôt à un appel au secours désespéré, celui d'un homme qui est en train de tomber à terre et qui ne trouve en tout et pour tout que gris et métal pour répondant.
Car, dans le fond, c'est cela l'histoire de Shame : certes, Michael F. y est beau, et le réalisateur l'exhibe sous toutes les coutures. Mais ce n'est pas cela, le film : c'est un drogué qui ne peut se passer de sa dope, incapable de nouer une relation d'intimité avec quiconque, même pas sa propre soeur. S'il n'a pas une personnalité très intéressante, il est irrésistiblement séduisant... Jusqu'au moment où son regard se fait trouble et là, il devient franchement inquiétant. Dans une scène au paroxysme du film, il couche avec deux femmes et la caméra s'attarde sur son visage, on sent qu'il cherche une délivrance qu'il ne trouve pas, la musique se fait assourdissante, le flou se fait sur deux trous sombres et un rictus grimaçant, on a l'impression d'être devant Le cri de Münch.
Steve McQueen est un grand réalisateur. Tout comme dans Hunger, il malmène son acteur et ses spectateurs, et l'on sort du film estomaqué et mal à l'aise, troublé pas cette immense solitude et cette souffrance. Michael Fassbender n'est pas qu'un homme bien fait, il confirme une fois de plus son talent. Il joue comme personne les hommes troubles et égarés, attisant aussi bien notre désir que notre pitié.
2 broke girls
L'une est brune, a le verbe haut et la repartie acerbe. L'autre est blonde, s'habille chez Chanel et a l'enthousiasme exaspérant. Elles n'étaient pas faites pour se rencontrer, et encore moins devenir amies... Et pourtant ! La blonde Caroline, héritière de l'Upper East Side, a perdu toute sa fortune et pousse la porte du diner de Brooklyn où officie Max, la serveuse qui ne mâche pas ses mots, en quête d'un petit boulot et d'une nouvelle vie.
Ca, c'est le pitch de la nouvelle série de CBS, 2 broke girls, que je viens de découvrir et dont je ne me passe plus. Le format rappelle celui de Friends : 21 minutes environ, des scènes courtes et rythmées qui tournent toutes autour du diner et de l'appartement de Max. Les dialogues sont hilarants, les jeux de mots croustillants et on sent que les actrices s'amusent. Les seconds rôles sont très drôles aussi, avec une mention spéciale au cuisinier ukrainien Oleg, véritable obsédé sexuel et mine de répliques excellentes.
Les premiers épisodes sont prometteurs et même s'il s'agit de deux nanas qui veulent s'en sortir, l'humour cru de la série devrait aussi séduire nos amis les hommes. 2 broke girls est une série vraiment rafraîchissante dans la sinistrose automnale ambiante et on rit de bon coeur aux tribulations de Max et Caroline, résolues à sortir de leur statut de serveuses pour devenir des vraies business women.
Histoires tordues et coups montés
Si vous aussi, vous êtes mordus de la série Desperate Housewives, dont l'ultime saison vient de démarrer à la télévision américain (snif), il est plus que temps vous intéresser aux romans loufoques de Joe Keenan, scénariste, producteur et romancier américain.
Pourquoi ? Joe Keenan a participé à l'écriture de la 3e saison de la fameuse série de ménagères désespérées, et ses romans sont bien dans cet esprit d'histoires tordues et hilarantes. Si vous aimez les coups fourrés, les divas, les machinations foutraques et les dialogues piquants : ses deux livres traduits en français et récement réédités chez 10/18, Un mariage à la mode et Le retour d'Elsa champion, sont à dévorer avec délectation. Eclats de rire garantis !










